Le Samu social en grève contre les coupes budgétaires

Article publié sur LeMonde.fr le 2 aout 2011


Deux semaines après la démission du président du Samu social Xavier Emmanuelli, des professionnels de l’urgence sociale sont en grève mardi 2 août pour dénoncer les restrictions budgétaires décidées par l’Etat et la méthode du gouvernement pour réformer le secteur. L’appel à la grève et à manifester dans toute la France s’adresse aux personnels du numéro d’urgence 115 et aux équipes mobiles des associations qui vont à la rencontre des SDF. Il a été lancé par la Coordination nationale des professionnels de l’urgence sociale, soutenue par la Fédération nationale des associations de réinsertion sociale (Fnars).

 

A Paris, les manifestants doivent se rassembler à 12 h 30 au square Boucicaut (7e arrondissement), où des familles sans logement campent depuis mi-juillet, avant de marcher jusqu’au ministère du logement, « avec l’espoir qu’une délégation soit reçue et entendue ». Les professionnels réclament de l’argent, alors que l’Etat a annoncé en mai une réduction des moyens alloués en 2011 à l’hébergement des personnes sans abri.

 

Places d’hébergement supprimées, Samu social et numéro 115 saturés, familles réfugiées aux urgences des hôpitaux, démission du président fondateur du Samu social, Xavier Emmanuelli, dénonçant le 19 juillet une situation budgétaire qui n’est « plus gérable »… : la crise qui minait déjà le secteur s’aggrave, selon les associations. « Les services d’urgence sont amenés à trier les personnes sans abri, à refuser d’accueillir des familles et à réduire leurs services. Ces contraintes placent les travailleurs sociaux dans des contradictions insupportables », souligne la Fnars.

 

Dans une tribune publiée par Libération, des salariés et des équipes mobiles s’adressent directement à Nicolas Sarkozy, lui rappelant : « Vous aviez dit zéro SDF… Vous achevez votre mandat en diminuant de manière drastique les budgets alloués à l’hébergement. Pour nous, professionnels de l’urgence sociale, ç’en est trop ».

 

Les restrictions budgétaires sont réalisées sur fond de réorientation de la politique du gouvernement autour du concept du « Logement d’abord » : donner la priorité à un accès de long terme des personnes sans domicile à un véritable logement, sans passer par la case de l’hébergement d’urgence, très coûteux.

 

Mais les associations estiment que le gouvernement « met la charrue avant les bœufs » en commençant à réduire le nombre de places en hébergement sans que suffisamment de logements soient disponibles. Le secrétariat d’Etat au logement répond qu’il existe 115 000 places d’hébergement d’urgence dans toute la France, et que si 4 500 doivent disparaître d’ici à la fin de 2011, 4 500 nouvelles seront dans le même temps créées dans des logements, doublant ainsi leur nombre. Une étude, publiée le 26 juillet, montrait cependant que les trois quarts des parents avec enfants qui sollicitent le 115 reçoivent une réponse négative à leur demande, laissant sans hébergement plusieurs centaines d’enfants.

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